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Solane
Cabine de soin aux murs à la chaux

Les lieux · Marais et Saint-Germain

Cinq pièces sans fenêtre, et c’est voulu

Une cabine de soin n’a pas besoin de vue. Elle a besoin d’être chaude, sourde et sombre. Les cinq nôtres sont enduites à la chaux, isolées en laine de bois, et tenues à vingt-trois degrés toute l’année.

La lumière de travail monte à 4 000 kelvins au-dessus de la table, le temps de la lecture et de l’extraction ; le reste du temps elle redescend à 2 700, sur des appliques orientées vers le mur. On ne regarde jamais une ampoule allongée.

En chiffres

Nombre
5 cabines, 3 au Marais, 2 à Saint-Germain
Température
23 °C constants
Lumière
2 700 K en soin, 4 000 K en lecture
Acoustique
Laine de bois, 38 dB d’isolement
Linge
Coton lavé à 60 °C, changé à chaque passage
Table de soin et linge empilé
Plan de travail et flacons

Chaux

Enduit à la chaux aérienne, teinté dans la masse. Il absorbe l’humidité et rend la lumière sans la réfléchir.

Noyer

Les plans de travail et les tablettes. Huilé, jamais verni, réhuilé chaque printemps.

Lin

Les rideaux et les paravents. Épais, lavé, un peu froissé, tenu au plomb.

Solène Abadie, fondatrice

Pourquoi on a retiré la fenêtre

La première cabine de la rue de Saintonge en avait une, sur cour. Nous l’avons condamnée au bout de deux mois. Une cliente allongée ne regarde pas dehors : elle ferme les yeux, et ce qu’elle perçoit d’une fenêtre, c’est le bruit de la cour, la variation de lumière quand un nuage passe, et le sentiment vague d’être exposée. Personne ne l’a jamais réclamée depuis.

Deux lumières, jamais mélangées

La lumière de travail monte à 4 000 kelvins au-dessus de la table, le temps de la lecture et de l’extraction : c’est une lumière froide, précise, qui ne pardonne rien et que l’on veut pour ces dix minutes-là. Le reste du temps elle redescend à 2 700, sur des appliques orientées vers le mur. On ne regarde jamais une ampoule allongée, et la peau n’est jamais jugée sous la lumière qui la détend.

Vingt-trois degrés toute l’année

Un corps allongé, immobile, à demi dévêtu, perd de la chaleur. Vingt et un degrés suffisent à une pièce où l’on marche, pas à une pièce où l’on reste une heure et demie sans bouger. Le chauffage est au sol, l’isolation en laine de bois, et la température ne varie pas entre janvier et août — seule l’hygrométrie change, et nous la corrigeons.

Les cabines sont-elles insonorisées ?
Trente-huit décibels d’isolement entre deux cabines, obtenus par une double cloison sur laine de bois. On n’entend pas la conversation d’à côté, ce qui est la première chose que les clientes vérifient sans le dire.
Le linge est-il changé à chaque passage ?
Oui, intégralement, et lavé à soixante degrés. Draps, serviettes, bandeau. Rien n’est réutilisé d’une cliente à l’autre, y compris pour un rendez-vous de quinze minutes.
Peut-on demander une cabine précise ?
Oui, et certaines le font. Les cinq sont identiques en surface et en équipement, mais deux donnent sur la cour et sont plus silencieuses encore. Dites-le à la réservation.